Dyn.S est un dispositif qui met à l’épreuve une hypothèse : la singularité n’est pas une propriété, c’est un événement.
Être singulier ne consiste pas à être unique. Est singulier ce qui refuse de reproduire le déjà-conscientisé.
La singularité n’est pas une réserve dans laquelle puiser, ni un bien qu’on détient. Elle n’existe qu’en acte, au moment où quelque chose a lieu sans se répéter.
Les douze axiomes proposés dans la configuration initiale de Dyn.S ne sont pas des énoncés vrais.
Ce sont des énoncés performatifs : ils ne décrivent pas la singularité, ils provoquent une situation dans laquelle elle peut advenir. Leur valeur ne tient pas à leur contenu mais à ce qu’ils déclenchent chez qui les reçoit.
Le tirage aléatoire n’est pas un effet de hasard décoratif. Il retire au sujet la maîtrise de la rencontre. Nul ne choisit la carte qui l’arrête. Ce qui compte n’est pas l’axiome tiré, mais l’instant où il cesse d’être lu et commence à agir : un kairos, un moment décisif qui ne se planifie pas.
Répondre à une carte, ce n’est ni la commenter ni la contredire. C’est se laisser traverser par elle et prolonger son mouvement. Celui qui écrit n’est pas l’auteur de ce qu’il écrit : il en est le vecteur, un par-qui et non un qui.
Chaque carte garde la trace de celle qui l’a appelée. Le texte d’origine demeure, et chaque réponse le décale sans l’effacer.
L’ensemble ne converge vers aucune synthèse. Dyn.S ne vise pas la production d’un savoir : il laisse se développer des écarts, sans pouvoir déterminer à l’avance ce qu’ils rendront possible. Chaque énoncé ne vaut alors que par sa capacité à ne pas se refermer sur lui-même ou à ouvrir sur un potentiel non-évaluable.