Institut de Recherche Internationale en Anthropologie de la Singularité

Bad Beuys Entertainment 1999-2007

L’art de Bad Beuys Entertainment se base sur un reenactement humoristique et politique de microphénomènes liés à leur environnement proche. Ils défendent un art de proximité, avec de nombreuses actions dans l’espace public.

L’art de Bad Beuys Entertainment se base sur un reenactement humoristique et politique de microphénomènes liés à leur environnement proche. Ils défendent un art de proximité, avec de nombreuses actions dans l’espace public.

Outskirting. Bad Beuys Entertainment 1999-2007
Dorothée Dupuis, Hanne Mugaas, Keren Detton, Emilie Franco, Irina Moroianu, Jean-Marc Chapoulie, Elfi Turpin
Outskirting. Bad Beuys Entertainment 1999-2007

Avant-propos de Dorothée Dupuis
Le collectif Bad Beuys Entertainment (1999-2001), est le digne héritier d’une lignée irrévérencieuse de collectifs/entreprises d’artistes contemporains, d’Art & Language à Information Fiction Publicité, de General Idea à Les Ready Made Appartiennent à Tout Le Monde, en passant par Présence Panchounette et le Cercle Ramo Nash.

Les artistes s’inspirent depuis longtemps du modèle entrepreunarial. Son absence de scrupules et la variété des moyens à disposition pour convertir les foules à la cause (commerciale) de l’entreprise incarnent un modèle libéral en adéquation avec celui de l’artiste, individu sans scrupule prêt à tous les médiums pour convertir les foules à son propre propos (artistique).

De même, plusieurs artistes ont pu se constituer en groupes à configuration variable. de deux (Gilbert & Georges) à des dizaines (la Factory), mutualisant ainsi les compétences, les réseaux et… les problèmes. On saluera ainsi la fin tragique de la plupart des collectifs (scission, procès. retollr à l’anonymat le plus total, divorce… tentative de meurtre).

Combinant l’aspect entrepreunarial et collectif, l’entreprise de BBE, qui aura duré une petite huitaine d’années, aura produit une oeuvre riche et emblématique, toujours sur la brèche par rapport à des problématiques d’auteur, mais aussi de territoire, de mise en tension entre sphères politique, publique et privée.

On peut aussi penser qu’elle a proposé une relecture critique des visées mollement utopistes du mouvement de l’esthétique relationnelle, qui proposait de manger tous ensemble la brioche d’un art populaire pétri d’un optimisme globalisant, quand les ghettos du monde entier se désagrégeaient, que les cendres des carnages d’Afrique et d’Europe centrale refroidissaient à peine, et quand Bush arrivait au pouvoir pour une décennie réac digne des grandes heures de Reagan et Thatcher, l’intelligence en moins.

L’art de BBE s’est basé sur un reenactement humoristique et politique de microphénomènes liés à leur environnement proche (la banlieue de Cergy-Pontoise où ils étudiaient). Ils ont défendu un art de proximité, avec de nombreuses actions dans l’espace public et participatif (plus de cent personnes ont participé aux projets Bad Beuysiens) à une heure où le chacun pour soi était (est encore ?) de mise.

Modeste, pour la plupart détruite ou éditée à très peu d’exemplaires, leur production se limite à une petite vingtaine d’œuvres. Elles sont rassemblées dans ce catalogue avec une nombreuse documentation ainsi que des textes de critiques et commissaires d’expositions qui ont exposé et aimé le travail des Bad Beuys. Attention, ouvrage collector…

https://www.paris-art.com/outskirting-bad-beuys-entertainment-1999-2007/