Axe III — Singularité et engagement dans la pratique du soin

– Prendre soin et donner du soin : l’entre-deux d’une singularité en devenir.

Sous la direction de :
Mathieu Gaillard, Mélina Guibert, Souleymane Sanogo

Dans son ouvrage « Un Monde vulnérable. Pour une politique du care », Joan Tronto définit le « Care » comme une « […] activité caractéristique de l’espèce humaine, qui recouvre tout ce que nous faisons dans le but de maintenir, de perpétuer et de réparer notre monde, afin que nous puissions y vivre aussi bien que possible. » La notion de « Care », que l’on peut traduire par « soin », caractérise à la fois une activité de soin donné à une personne, le souci de l’autre et de la réception de ce soin.
Le « Care » réunit traditionnellement des professions liées au social et au médical. Mais il s’étend également à toutes activités et dispositions soutenant et prenant soin des conditions à travers lesquelles d’autres activités peuvent exister. Le « Care » englobe des pratiques au sein desquelles la singularité de chacun et chacune joue un rôle central, révélant les interdépendances irréductibles entre les êtres et leurs pratiques qui se soutiennent les unes les autres.
La proximité entre les pratiques directement reconnues comme relevant du « Care » et le travail des artistes, s’établit par la recherche commune d’un équilibre entre compétences techniques et émotionnelles, le souci du bien-être de soi et de l’autre ainsi que la dichotomie entre reconnaissance de l’utilité de la pratique et la précarité des pratiquants et des pratiquantes.
La singularité de nos implications en tant qu’individus, la succession des interactions que ces implications produisent, les liens qu’elles établissent durablement, la conscience de l’irréductible vulnérabilité de chacun et chacune.
Ces interactions représente autant de potentiels avec lesquels il est possible d’expérimenter et de constituer le rapport éthique que l’art et le « Care » peuvent mutualiser à l’échelle de la société afin d’engager une reconsidération sociale de ses pratiques et d’autres à partir d’elles.

Pistes de réflexion :

  • Comment repenser la pratique de l’art à partir des enseignements, des rapports à l’autre et à soi que le « Care » propose ?
  • Comment est-ce que la pratique de l’art et du « Care » se rencontrent et comment le statut de l’artiste peut être repensé, tout en définissant un statut spécifique aux activités du « Care » ?
  • Comment l’acte de prendre soin peut être un révélateur de notre singularité et de celles des autres ?